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  Samedi 8 décembre, je suis allé avec l’excellente illustratrice Nepsie manifester en faveur du mariage pour les couples homosexuels. Ma première manif’ depuis bien longtemps – c’était sous Balladur, je vous laisse calculer. J’étais alors très jeune, au point de ne plus me souvenir maintenant que des pieds et jambes innombrables qui m’entouraient.
Nepsie et moi sommes des gens ponctuels. Dès notre arrivée sur la place Jean Jaurès à 14h55, on nous remet un autocollant de belle taille à coller sur nos vêtements.

ouiàlégalité

Un bien joli sticker

  L’assemblée déjà dense – 150 personnes, dirais-je – est assez hétérogène : jeunes, quadras, têtes blondes et grises. Des couples homos, des hétéros. Des délégations de gauche et quelques élus en écharpe tricolore, les militants du Centre LGBT de Touraine.
Nous nous étions la veille tâtés longuement : pancarte ou pas ? La grasse matinée du samedi a finalement décidé à notre place. Les mains vides, nous constatons que d’autres se chargent de colorer le défilé.

drapeaux

   15h15 : Une correspondante de la Nouvelle République peine à interviewer Nepsie dont les réponses sont couvertes par le son des percussions de Saravah, l’école de samba, qui se charge de l’ambiance sonore. Ils prennent la tête du cortège. Démarrage – « nous avançons », disait Léonidas dans 300. À cet instant, nous sommes entre quatre et cinq cents personnes, juste assez pour occuper convenablement le boulevard Heurteloup. Devant nous, la police ouvre le chemin. Le pas tranquille nous mène jusqu’à la préfecture.

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Non, ce n’est pas la préfecture, c’est la fin de la manif’. Mes images de la préfecture étaient laides, que voulez-vous…

  Ici, petit temps mort : il faut négocier l’itinéraire de retour avec les forces de l’ordre. Courtois, ces messieurs nous permettent de repartir vers la rue Nationale. Les achats de Noël battent leur plein, la foule y est dense.

« Mariage, adoption : égalité des droits ! » scande-t-on. Aux fenêtres et aux vitrines, les gens regardent passer le cortège, distraction bienvenue au milieu d’une journée de travail frénétique.

  Nous ne verrons les premières manifestations d’hostilité qu’après le passage du commissariat.
Au balcon, le troisième âge propre sur lui hue les manifestants, pouces tendus vers le bas en riant. Triste scène.
Triste scène, puisque nous sommes la seule espèce animale qui rejette certains individus pour des raisons d’orientation sexuelle.
Chez les manchots, deux mâles peuvent couver et élever un petit aussi bien que le ferait un couple hétérosexuel. En outre, leurs congénères ne semblent pas désapprouver.

Sommes-nous plus sots que ces oiseaux, à refuser aux homosexuels les droits des hétéros tandis que chez les volatiles, Robert et Gérard peuvent adopter et élever leur enfant en toute quiétude ?

 robertépousegérard

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