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On a dit bien des choses sur le futur tramway et ses stations. D’aucuns ont longuement exposé leur avis concernant les totems de Buren que se préparent à subir quelques habitants malchanceux.

  Je pourrais m’étendre moi aussi sur le sujet ; je pourrais discourir longuement à propos des caricatures d’œuvres contemporaines que l’on nous imposera en nous certifiant que les badauds se presseront en nombre pour en contempler la magnificence, créant ainsi emploi, richesse et rayonnement national ; il me serait possible, plus raisonnablement, de juger que l’on aurait pu, puisque nécessité est faite d’accorder une place à l’art, disséminer de manière régulière des objets moins tapageurs – mais je ne suis pas de ces verbeux qui aiment à gaver leurs prochains de leur prose boursouflée.

Aussi, je me permettrai simplement la remarque suivante : j’ose espérer que l’on ne nous promettra pas une guérison des écrouelles par apposition des mains sur les colonnes glorieuses – encore que cela pourrait intéresser deux ou trois passionnés de psychanalyse douteuse – car je n’y croirai pas.

  Je cesserai là concernant Buren – encore une fois, tout a été dit – et m’intéresserai donc à ce que je risque de voir tous les matins pour un bout de temps encore, à savoir l’odieux revêtement de la Place de la Liberté et alentour.
Pour partie, vous l’avez sûrement déjà vu : au niveau de la station située à l’est de la place, devant la tour Tulasne, la voie a été faite en une sorte d’agglomérat de béton et de gravier poli commun à toutes les autres stations hors secteur sauvegardé.

C'est laid

C’est laid

C’est moche, soit, mais pas plus que le goudron, et parions qu’après quelques mois, nul n’y fera plus attention.
Sur la place elle-même, traversée par les rails, on trouve un pavage gris terne figurant, vu du dessus, un motif en forme d’écaille.

C'est également laid

C’est également laid

Enfin, joignant ces deux portions de voie, on trouve au niveau de la chaussée le même revêtement en gravillons que plus haut, mais couleur goudron, cette fois-ci.

revetementliberté

Essayez de deviner l’opinion que j’en ai, pour voir.

  Le souci principal de tout ceci, outre l’absence de toute qualité visuelle, c’est qu’il n’existe entre ces différents revêtements aucune espèce de continuité. De la place du commandant Tulasne, aux arbres plantés en ligne si droite qu’en se plaçant d’un côté, on ne voit qu’un seul tronc, à la place de la Liberté aux gris pavés, les rails suivent une courbe possédant certes une constance remarquable dans la laideur, mais une hétérogénéité déplorable dans l’apparence.

Une place Tulasne bien rangée

Une place Tulasne bien rangée

C’est bien simple, j’ai l’impression d’habiter au-dessus d’une reproduction à l’échelle 5/1 de la peau d’Elmer que l’on aurait préalablement laissée pourrir sur sa carcasse.

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 Même en imaginant le chantier terminé, c’est hideux.

J’irai droit au but : était-il nécessaire de parachever ce désastre esthétique en lui greffant ceci ?

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